Le pré-amplificateur est un élément fondamental pour beaucoup de comédiens voix off qui se mettent à leur compte en construisant leur home studio. Souvent l’opération se fait avec seulement quelques notions sur l’univers du son, car il est rare que le professionnel de la voix soit aussi chevronné au niveau technique. Alors on se laisse conseiller par des vendeurs de matériel pro, par d’autres collègues comédiens et aussi par du personnel des studios ou ils avait l’habitude d’enregistrer. Il s’agit pour le pro. de la voix d’un investissement conséquent, mais avoir le prè-ampli est une chose et l’installer et l’optimiser est une autre. Baudoin Ferrand, ingénieur de son chez PrimeVoices constate que une installation incorrecte du pré-amplificateur peut abîmer l’enregistrement même avec du matériel de grand qualité. Voici ses conseils pour bien optimiser le prè-ampli.
Pré-amplificateur, rôle et réglage
Il arrive parfois que je reçois dans les studios de PrimeVoices des fichiers audio à mixer dont je décèle un léger défaut de pré-amplification ou dont je suis sûr que le réglage peut être amélioré.
Le rôle d’un pré-amplificateur est de rehausser le signal électrique émis par une source, le plus souvent un microphone, car celui-ci génère un signal très faible.
Le pré-ampli a donc un rôle important et délicat car il est le premier maillon de la chaîne d’amplification, conditionnant la qualité de toute la chaîne du son. Il doit amplifier un son par nature très faible, sans créer de bruit ou de distorsion et ceci le plus musicalement possible. Savoir bien régler son pré-ampli est donc primordial.
Voici un petit guide, étape par étape, afin d’en optimiser l’usage.
– Etage d’entrée (ou Gain IN dans notre exemple): c’est à ce niveau que le son provenant de la source entre dans le pré-ampli. Attention, il ne doit pas être trop élevé car la saturation est définitive, même en abaissant le niveau de gain de sortie.
– Pad atténuateur : il s’agit d’un switch permettant d’abaisser le niveau d’entrée d’un certain nombre de décibels, en général autour de 20. Attention ici également, faire entrer trop faiblement un son imposera de le monter plus fortement par la suite, avec tout le bruit de fond engendré par l’électronique et l’environnement. Pour la voix off en home studio, je déconseille son emploi, notamment si vous êtes équipé d’une cabine d’enregistrement insonorisée.
– Inverseur de phase : comme son nom l’indique, ce switch inverse la phase en interne. En voix off il est inutile car sur une source mono, une phase inversée n’a pas d’effet.
– 48v, ou alimentation fantôme : elle alimente votre micro, en en chargeant notamment les condensateurs. Veillez bien à choisir un pré-ampli qui en est équipé sinon votre micro ne pourrait fonctionner.
– Gain de sortie (ou ici Gain OUT): il s’agit de l’étage de sortie du pré-ampli. Il n’est pas utile de sortir un niveau trop fort, car il y a un risque également d’entrer dans la saturation de la machine, ce qui n’est pas récupérable à posteriori. D’une manière plus générale, ne cherchez pas à atteindre le plafond, mais essayez de rester autour des niveaux nominaux recommandés par le constructeur car c’est ici que son matériel est optimal.
En jouant entre le gain d’entrée et le gain de sortie, il est possible de trouver des couleurs sonores différentes. Il ne faut pas hésiter à prendre du temps pour chercher celle qui vous plaît le plus.
Petite parenthèse pour finir : il existe deux grandes familles de pré-ampli, ceux équipés de lampes (ou tubes) et ceux possédant des transistors.
Alors lampe ou transistor ? C’est un vieux débat. La lampe ou le transistor ne sonnent pas de la même manière. Certains trouvent la lampe plus colorée, ce qui en général est vrai car la lampe engendre entre autre plus de distorsion harmonique. L’amplification à lampe exige également un peu de maintenance (remplacement des lampes et parfois le réglage du bias). Sachez qu’il est conseillé d’allumer son ampli à tube plusieurs minutes avant, selon la recommandation du constructeur, car les tubes ont besoin d’un peu de temps pour chauffer. C’est donc moins de neutralité pour plus de musicalité.
Le transistor est réputé plus froid, plus “électronique” donc moins typé, mais aussi plus neutre. Il est considéré comme plus fiable, moins cher, plus compact et stable dans le temps.
En fin de compte le plus important est de rester ouvert car dans la réalité de nombreux amplificateurs à transistors sonnent mieux que certains à tubes. Certaines marques sont réputées pour avoir un son typé lampe bien que fonctionnant à transistor. La sonorité reste le principal argument de choix pour telle ou telle machine, quelque soit sa technologie.