Liz de Nesnera has shown that the so called Mid-Atlantic is also applicable to French, because between European French and Canadian French there is a world of opportunities. Some voice contractors prefer a neutral, international French and Liz has built up its VO niche right there with great success. The same goes for her American English. An exclusive interview in French with a fascinating personality in the VO world.
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CONSTANTINO DE MIGUEL: Interview avec Liz De Nesnera, une comédienne voix-off bilingue, de langue française et anglaise, qui habite et travaille aux États-Unis, concrètement près de New York. Racontez-nous, Liz. Quelle a été votre parcours pour devenir une comédienne voix-off ?
LIZ DE NESNERA : Alors, le parcours… Alors, ça, c’était intéressant. J’ai commencé, en fait, mon premier travail en dehors de l’université, c’était en fait pour le poste d’expansion économique français à New York. J’ai été élevée dans la ville de New York. Alors bon… Comme la langue, en fait, à la maison était le français, j’avais alors… Comme j’ai dit, j’ai été élevée à New York, mais de parents multilingues.
Alors, je n’avais pas le droit, à la maison, de parler anglais. On ne parlait que français. Alors, en fait, et puis quand ma grand-mère venait – la mère de ma mère – alors là, tout le monde tournait au russe. Ça dépendait des mois.
Mais donc je parlais toujours français à la maison. Alors c’était naturel, en fait, d’essayer de trouver un travail où j’utiliserais mes langues. Alors j’ai travaillé pendant mes étés à l’université au poste d’extension économique et puis après, j’ai décidé de travailler là-bas à plein temps.
Mais je me suis rendue compte très vite que d’être assise derrière un bureau et de pousser les papiers d’un côté et de l’autre de mon bureau, ce n’était vraiment pas pour moi. Et j’ai décidé de prendre des cours en production et en rédaction de pub. Et je suis allée… J’ai trouvé un travail dans une petite station de radio dans le nord du New Jersey. Alors de partir de New York au poste d’expansion économique français à WNNJ qui était une petite station dans le nord du New Jersey. Alors je ne te dis pas le choc culturel que c’était, que ça m’a fait…
CONSTANTINO DE MIGUEL : Je l’imagine…
LIZ DE NESNERA : Et en plus, bon, ma mère elle était horrifiée. Elle était vraiment : « Mais tu ne vas pas utiliser tes langues, c’est affreux. Qu’est-ce que tu fais pour te mettre dans un petit patelin là-bas ! » Bon. Mais j’étais heureuse ; j’étais vraiment ravie. Donc j’étais dans une station de radio, mais je n’étais pas DJ, je n’étais pas disc-jockey. J’étais rédactrice des pubs et directeur de production.
CONSTANTINO DE MIGUEL : A quel point votre côté bilingue franco-anglais a été vraiment un atout dans cette profession ?
LIZ DE NESNERA : Alors un atout, c’était… Alors, dans cette profession, dans la station de radio, pas du tout ! J’ai passé cinq ans là-bas et puis après, je suis allée… J’ai décidé après cinq ans que c’était un peu la folie. N’importe qui qui a travaillé dans la radio sait que la radio c’est la folie. Et j’ai duré cinq ans et puis après ça, je suis allée dans une société, dans un… en fait un studio d’enregistrement où j’ai de nouveau… j’étais donc le directeur de production. Et c’est là où j’ai vraiment commencé à diriger des gens dans différentes langues : en espagnol, en portugais, en russe, en français… Et c’est là où j’ai recommencé à utiliser vraiment mes langues.
Et bon, j’étais là-bas pendant neuf ans. J’ai commencé à faire un peu de voix-off là-bas. À la station de radio, j’ai commencé à faire de la VO en anglais parce que bon, j’écrivais les pubs et puis je les enregistrais aussi. Mais après neuf ans, j’ai été gentiment mise à la porte…
CONSTANTINO DE MIGUEL : Ça arrive, oui, à tout le monde une fois ou une autre.
LIZ DE NESNERA : Donc voilà. Et puis c’est là où j’ai vraiment décidé que bon, autant j’aimais bien être comme on dit derrière le verre, je préférais être devant le micro. Et c’est là où j’ai vraiment commencé à être VO à plein temps.
Et ce qui est intéressant avec mon français, alors comme tu m’entends, bon, je parle le français couramment – mais je n’ai pas l’accent ni parisien ni québécois. Et alors moi j’ai commencé, étant donné que j’ai fait, bon, j’ai fait le lycée français de New York ; donc, j’ai eu mes cours en français de la cinquième jusqu’à la première, j’ai fait une année à Sciences-po à Paris.
Je parle français donc couramment et quand j’ai commencé la VO, j’ai dit bon : «Bien, je vais commencer à faire des auditions pour les pubs en France. » Rien ! Personne ne m’engageait ! J’ai dit : « Non, mais je ne comprends pas. Je parle la langue couramment, qu’est-ce qui se passe ? J’ai un ami au Canada qui a fait écouter mes démos à sa copine, à Montréal. Elle dit : « Non, non. C’est parfait ! Les Canadiens, ils l’adoreront. » Et alors, j’ai commencé à faire des auditions pour les sociétés canadiennes et tout d’un coup, j’ai commencé à faire du travail sans cesse, en français et en anglais, au Canada.
Et alors, ça c’est ce qui est intéressant : c’est que j’ai un accent neutre, ce qu’on appelle en anglais broadcast english et en français, c’est l’équivalent au Canada. Parce que je n’ai pas l’accent québécois –vraiment québécois— je n’ai pas l’accent parisien; j’ai un accent— ils ne savent pas trop où me mettre, mais les canadiens l’adorent. Alors, j’ai 50% de mon travail est en anglais, 50% de mon travail VO est en français, et je dirais 99% de ce travail français est pour le Canada. Et les gens, les canadiens, ils aiment ça parce bon… Ils peuvent m’engager étant donné que c’est un pays bilingue. Ils m’engagent très souvent pour les deux, pour l’anglais et pour le français.
CONSTANTINO DE MIGUEL : C’est curieux, justement il y a une sorte de mid-atlantic aussi pour le français. Bon, évidemment pour l’anglais, mais aussi pour l’espagnol. Il y a un besoin de studio, d’avoir un accent neutre que les gens apprécient parce que ce n’est pas lié à une région, à un pays. C’est… Il s’agit de trois langues, dans ce cas, qui sont des langues internationales. Voilà.
LIZ DE NESNERA : Exactement, exactement. Voilà. Et j’ai trouvé ça… j’ai trouvé ça complètement par hasard parce que bon, moi j’avais toujours l’idée que bon, le Canada, c’était le québécois et puis non, en fait, les Canadiens m’adorent. Alors, je suis très contente.
CONSTANTINO DE MIGUEL : Super, parce qu’en plus, je dois dire qu’il y a une demande de français canadien générique, d’un français pas trop québécois. Les studios ont du mal à trouver du français canadien.
LIZ DE NESNERA : Et très souvent, les gens quand ils demandent des auditions, ils disent : « On veut quelqu’un qui parle le vrai québécois. » Et très souvent, ce n’est pas vraiment ce qu’ils veulent. Moi, j’équivaux ça un peu à, comme les gens en anglais, ils disent : « Bon, on veut un accent américain ou on veut un accent du Texas.» Bon. L’accent du Texas marche exacte très bien, mais il ne marche pas pour le reste des États-Unis.
Et c’est ce que j’ai dit aux gens. Si vous voulez vraiment un accent québécois, moi j’ai des amis qui parlent très bien avec l’accent québécois. Ce n’est pas moi. Et moi, bon, on parle de concurrence. Moi, je ne crois pas en concurrence. Parce que vraiment, chacun à sa propre voix. Et quand tu travailles en VO, en fait, tu essayes d’être la voix que l’écrivain entend dans sa tête.
Et bon… Moi, si je suis cette voix, parfait. Mais si je ne suis pas cette voix, bon, moi j’ai des amis un peu partout dans le monde qui peuvent peut-être être justement cette voix. Donc… Et très souvent ils veulent un accent un peu – on ne sait pas trop d’où ils viennent— et très souvent, c’est moi. Alors, moi je suis contente.
CONSTANTINO DE MIGUEL : Et ça c’est complètement, c’est complètement un atout pour vous, le fait d’avoir un français neutre, un anglais neutre…
LIZ DE NESNERA : Absolument.
CONSTANTINO DE MIGUEL : Alors, on se demande : passer d’une langue à une autre, même si c’est une routine pour toi. Est-ce qu’il n’y a pas de conflit de sonorités ou expressions anglaises, par exemple, qui contamine, qui pollue le français et vice versa ?
LIZ DE NESNERA : Oh… Ça, c’est intéressant. Tu sais, quand j’étais gosse, il avait quelque chose que mes parents ont… C’était une phrase constante dans ma maison : « Si tu commences une phrase dans une langue, tu la termines dans la même langue. » Il n’y avait aucun franglais dans notre maison.
Et c’est vraiment… Et c’est quelque chose qui est dans ma tête depuis que j’étais petite. Et c’est un effort que je fais, que quand je parle dans une langue, d’utiliser la langue, seulement cette langue. Et oui, il y a ce qu’on appelle les faux amis, où des gens qui parlent une langue utilisent des mots dans une autre langue.
Pour moi, bon, c’est un effort parce que vraiment je ne veux pas que les gens qui ne parlent pas les deux langues ne me comprennent pas. Et c’est des gens qui sont dans un pays, par exemple, qui sont français et qui sont aux États-Unis, c’est facile de tomber là-dedans. Mais c’est… Pour moi, c’est essayer de garder la langue pure. C’est très important, donc je… Pour moi, c’est un effort constant, un effort conscient de ne pas faire ça.
CONSTANTINO DE MIGUEL : Qu’est-ce que représente pour vous le phénomène internet, le fait de pouvoir se faire connaitre et proposer ses services de voix-off partout dans le monde avec son site web et aussi avec les réseaux sociaux ?
LIZ DE NESNERA : C’est… C’est essentiel. C’est essentiel. Je n’aurais pas un travail, le travail que j’ai, la carrière que j’ai, sans l’Internet. C’est tout simple. Il faut avoir un site net, et son propre site Internet. Parce que, autant pour moi, les sites comme le tien, comme les autres sites Internet, c’est essentiel. Parce qu’il faut être visible aux clients. Il faut être où les clients vont aller te chercher. Et donc, avoir son propre site net, c’est essentiel ; il faut que les gens puissent te trouver sur Google, sur Bing ou sur n’importe quoi, sur Yahoo ou n’importe, où ils te cherchent. C’est essentiel.
Et être sur les autres sites pour moi, je considère ça… Ça fait partie de mon budget de publicité. Alors sur les sites comme les autres que je ne vais pas mentionner…
Pour moi, ça fait partie de mon budget de pub parce que les gens vont aller chercher sur ces sites. On ne peut pas, pour moi, je ne peux pas les ignorer. Et je ne veux pas les ignorer. Autant j’ai des tas de clients qui me viennent personnellement par mon site net, par d’autres VO, mais c’est essentiel d’être là où les gens vont te trouver.
Et donc les gens me trouvent sur l’Internet. Parce que j’ai des clients en Allemagne, en France, au Canada, partout aux États-Unis. Ils me trouvent sur l’Internet ; ils font French bilingual voice-over, ils me trouvent.
C’est vraiment… C’est essentiel.
CONSTANTINO DE MIGUEL : On constate que justement en langue française, il y a moins de comédiens qui sont vraiment actifs sur l’internet. Bon, autre qu’avoir un site Web, ils ont un site Web, mais ils ne sont pas très présents ou très actifs dans les réseaux sociaux, dans Twitter, etc. Il y a une sorte d’attentisme. A quoi… Est-ce que tu as la même impression sur ces communautés de francophones ?
LIZ DE NESNERA : Oui. Et j’ai l’impression que c’est un peu l’idée que : « Bon, bon, je suis là. Je ne veux pas trop être m’as-tu-vu. » Il y a cette expression français de m’as-tu-vu. Moi je suis… J’ai l’impression… C’est un peu mon côté américain, que : « Oui, je suis là. Allez ! » Mon site net, c’est HireLiz.com. C’est bon, c’est un peu m’as-tu vu !
CONSTANTINO DE MIGUEL : Plus direct que ça il n’y a pas.
LIZ DE NESNERA : On ne peut pas être plus direct !
CONSTANTINO DE MIGUEL : Mais c’est très efficace, j’imagine…
LIZ DE NESNERA : C’est très efficace, surtout avec mon nom de famille. Alors, tu imagines Liz de Nesnera, essayer de trouver ça dans… Mais c’est un peu de ça: j’ai l’impression que les Français, ils n’aiment pas trop ça, cette idée de m’as-tu-vu et donc… Mais il faut avoir un équilibre parce qu’il faut que les gens te trouvent. Il faut que les gens sachent que tu es VO ou voix-off, il y a toutes les différentes… voice-over, comment tu veux les dire. Mais bon, il faut que les gens te trouvent.
CONSTANTINO DE MIGUEL : Ces comédiens français qui sont évidemment ta concurrence officiellement, bon… Quels conseils tu donnerais à ces gens-là au niveau de, voilà, améliorer leur présence sur le net ? Comment commencer, comment initier cette présence ?
LIZ DE NESNERA : Alors j’ai l’impression, la première chose bien sûr, avoir un site net. C’est absolument essentiel. Et être engagé, dans le sens qu’avoir un engagement sur l’Internet, sur Facebook, sur Twitter, sur Linkedin. Commencer de faire partie aux conversations. Discuter des choses, poser des questions, faire des commentaires sur d’autres commentaires. Comme ça… Parce que je ne peux pas te dire combien de fois des gens m’ont dit, quand ils me rencontrent soit à des parties, des conférences : « Je te vois partout sur l’Internet. » Oui, mais c’est aussi parce que bon, j’aime ça. Mais ça fait aussi partie de… Bon, il faut que les gens sachent que je suis là. Et…
Et il y a des gens qui me recommandent pour des travaux même s’ils ne connaissent pas personnellement parce que : « Ah oui, Liz, bon c’est vrai, elle parle français, bon. Bien, il y a mon client qui cherche ceci, un tel, et quoi.» Bon. Ils me connaissent parce que je suis là, je fais partie de la conversation. Et c’est surtout ça : l’Internet, c’est une conversation globale. Et on ne peut pas simplement être assise derrière, sur sa chaise, en train de se tourner les pouces, en train d’attendre que quelqu’un te parle. Il faut que toi tu parles. Il faut que toi tu poses des questions, que tu fasses partie de la conversation. C’est ça.
CONSTANTINO DE MIGUEL : Le fait d’être freelance, donc avec ton propre studio qu’on voit derrière, je pense… Tu es dans ton propre studio maintenant ?
LIZ DE NESNERA : Oui, oui. Je suis dans mon studio, oui, oui.
CONSTANTINO DE MIGUEL : Voilà. Alors, ça, quand même… On est seuls face au monde. Donc, il y a ce syndrome un peu du télétravailleur, le syndrome de la solitude. Est-ce que ça t’affecte, toi, personnellement ?
LIZ DE NESNERA : Franchement, non. Et je te dire pourquoi. Parce que d’abord l’Internet, ça fait une grande partie de mon travail. Moi, j’ai toujours Facebook, Twitter, Linkedin… J’ai sur mon browser, sur mon écran de l’ordinateur; ils sont toujours là.
CONSTANTINO DE MIGUEL : Ils sont dans le radar…
LIZ DE NESNERA : Oui, toujours sur le radar. Mais ce qui est aussi intéressant, c’est que je fais un effort d’aller et de faire partie de conférences de VO. Par exemple, il y a une conférence, je viens de rentrer d’une conférence qui s’appelle FaffCamp, qui fait partie d’une conférence qui s’appelle FaffCon. Et au moins une ou deux fois par an, je vais quelque part où je suis entourée d’autres VO.
Et pour moi c’est important de voir des gens face à face, de parler avec eux, de boire un pot, de discuter qu’est-ce que tu fais dans cette situation, qu’est-ce que tu fais quand les clients font ci, cela, n’importe quoi. Et donc, donc non. Je ne me sens pas seule. Mais c’est parce que je fais un effort de sortir de mon propre studio. Et d’engager des gens, de travailler avec d’autres gens, de travailler avec des VO. Par exemple, j’ai certains… J’ai un client pharmaceutique qui m’a demandé : « Bon, est-ce que… Moi j’ai besoin de gens qui sont un peu comme toi, mais bon, une autre femelle, un autre mâle, un Espagnol, un Allemand, tout ça. » Alors, j’engage – littéralement dans le sens que je les paye – pour faire de la VO pour moi, pour mon client.
Et donc être en conversation et avoir des contacts avec d’autres VO, pour moi c’est essentiel et à cause de ça, j’ai l’impression que je ne me sens pas seule.
CONSTANTINO DE MIGUEL : D’un autre cas, en tous cas, on n’a pas ce feedback dont on a besoin même pour faire bien notre travail. Donc, quelque part on est notre propre ingénieur de son, notre propre directeur artistique et donc, ce sont trois fonctions à la fois dans cette solitude. Comment est-ce que tu peux concilier ces trois fonctions, voilà, quand tu fais un enregistrement quelconque ?
LIZ DE NESNERA : Alors, ce que je fais, franchement, c’est que bon je commence mon enregistrement. Quand j’entre dans mon studio, je suis la VO ; je ne m’occupe pas, j’essaie de… J’essaie. J’essaie de ne pas m’occuper des choses… Pardon, des choses techniques. Alors, une fois que je sors de mon studio et que je suis ingénieure, alors là je suis bon… Je mets mon chapeau ingénieure. Mais c’est sûr que c’est vrai… C’est… Et j’ai l’impression que pour moi, ça m’a beaucoup aidée parce que j’ai été donc ingénieure du son pour une société pendant neuf ans.
Et donc pour moi ça m’a aidée parce que j’ai dans l’oreille, j’ai un peu une puce à l’oreille qui me dit : « Bon, non, ça ce n’était pas exactement ça. Ce n’est pas exactement ce qu’ils veulent. » Mais c’est difficile des fois de séparer tout ça. Et c’est un effort, mais il faut le faire et ça fait partie, aujourd’hui, de la carrière de VO : il faut être son propre ingénieur, il faut être son propre ingénieur du son.
C’est pourquoi moi j’adore avoir le ISDN, le RNIS, j’adore ça, parce que là, je ne suis que la VO.
C’est formidable. Parce qu’on est là: «Ah oui, bon, je n’ai pas de m’occuper de tout le reste. » Mais oui, ça fait partie du travail, ça fait partie du travail. Il faut le faire, il faut le faire.
CONSTANTINO DE MIGUEL : Donc il ya des compétences qui sont techniques, qui sont artistiques, en plus de bien maîtriser la voix pour, voilà, poser la voix comme un vrai comédien. Et alors, toute cette expérience d’années, quand tu avais commencé par exemple à New York, ça te donne une perspective. Quel serait le conseil que tu donnerais aux débutants ?
LIZ DE NESNERA : Alors, pour les débutants, la première chose que je leur conseillerais, c’est d’avoir de l’entraînement. Parce que tout le monde – bon, pas tout le monde – mais très souvent, les gens disent : « Ah, j’ai une belle voix. Je vais m’acheter un micro USB. Je vais mettre mon ordinateur et puis voilà, bon, ça y est ; c’est fait: je suis VO. » Comme tu sais, ce n’est pas aussi facile que ça.
Et… Mais moi je suis toujours prête à aider les débutants parce que bon, moi j’étais débutante à moment donné. On était tous débutants. Et on avait tous quelqu’un qui nous a aidés. Mais… Et c’est très important… Et comme j’ai dit, auparavant, je ne crois pas en la concurrence parce qu’on a tous des voix différentes. Mais si quelqu’un est sérieux, alors je leur dirai : « Commencez par prendre des cours de voix-off et non pas seulement… Bien sûr, des cours de comédiens et des cours d’improvisation. Absolument, ça pourra t’aider.» Moi d’ailleurs, je vais commencer des cours d’improvisation parce que c’est quelque chose que je veux avoir un peu plus de facilité. Mais…
CONSTANTINO DE MIGUEL : Voilà. Tu l’as fait déjà ? Tu… Tu improvises très bien aussi.
LIZ DE NESNERA : Je commence, je commence. Mais de l’entraînement, parce que avoir une belle voix… Bon, moi j’ai une voix qui est, bon, une fois qui est ça va ; elle est bien, mais ce n’est pas une voix résonnante ou belle ou formidable. Bon, c’est une voix, mais je peux l’utiliser : c’est un instrument et je sais comment l’utiliser. Et ça, c’est ce qu’il faut apprendre. Ce n’est pas seulement être devant un micro. Comment dit en anglais, il y a des tas de gens qui disent : « All it is is talking. » « Tu te fais que parler. »
Bien non, ce n’est pas que ça. C’est une interprétation des textes. Donc, il faut apprendre comment faire ça. Alors, prendre des cours de voix-off en particulier, c’est très important. Avoir un site Web, avoir un démo qui est pas produit par toi, mais avoir quelqu’un d’autre qui le fasse. Parce que si toi, tu n’as pas l’oreille, d’avoir quelqu’un, un producteur qui vraiment sait comment créer un démo qui te représente, toi. Et non seulement, ce que peut-être tu pourrais faire, mais ce que tu peux faire maintenant.
Parce que très souvent, si tu as un démo qui est très joli avec des tas d’effets sonores, avec de la belle musique et tout ça, mais que tu rentres dans un studio chez quelqu’un et que tu ne peux pas le reproduire, alors là le producteur il n’est pas très content.
Alors que ça représente ce que tu peux faire maintenant. Et tout le monde, on a tous eu des démos au début. Et alors, on n’en a des… Après quelques années, on a un second et un troisième et un quatrième. Ça prend du temps. Mais vraiment avoir de l’entraînement, c’est très important ; on ne peut pas simplement commencer. C’est comme n’importe quelle autre profession. C’est une profession. Ce n’est pas simplement… C’est vraiment… C’est une profession, c’est un travail, c’est un business, comme on dit. Donc, c’est important.
CONSTANTINO DE MIGUEL : Absolument. C’est une passion, certes, donc il y a ce côté de passionnée, même pourquoi pas de hobby, mais finalement c’est une profession qu’il faut la faire correctement. Et il y a beaucoup d’exigences. Merci beaucoup, Liz, pour ton temps, pour tes commentaires, pour tes conseils…
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