Nous avions vu dans le post précédent “Comment améliorer un enregistrement voix off ” l’intérêt de bien régler son préamplificateur, quelques astuces pour comprendre et atténuer les bruits parasites, puis les moyens de limiter les “pops”. Voyons dès à présent quelques autres astuces afin d’améliorer une prise de son en home studio. Une contribution de l’ingénieur son de PrimeVoices, Baudoin Ferrand.
1- Réverbération : il existe quelques astuces simples pour atténuer la réverbération d’une pièce. Il s’agit là d’un point important dans le cadre d’une prise de son. En voix-off, il est important de la limiter au maximum car elle apparaît comme un défaut pour la plupart des clients finaux. En studio il est difficile de l’atténuer, d’autant qu’elle peut être un frein lors de l’édition ou du mixage.
La première chose à savoir est qu’il est souvent préférable pour une voix de s’enregistrer dans une petite pièce. Deuxième point : installez des meubles (canapé, fauteuils, etc.) et positionnez-les de manière asymétrique. Mettez des tapisseries, installez une bibliothèque au mur derrière vous. Au sol, posez un tapis ou une moquette. L’objectif est évidemment de piéger le son dans de la toile, ou entre les objets qui composent votre bibliothèque afin de limiter les réflexions sur les différentes parois de la pièce. N’oubliez pas de mettre des matériaux absorbant entre le mur face à vous et le micro, parce que ce dernier ne se fait pas prier pour en récupérer une partie, même provenant d’une réflexion arrière.
Dernière chose, évitez les éléments métalliques dans la cabine. Certains peuvent vibrer ou entrer en résonance, ce qui produira un parasite perceptible au micro.
2- Isolation de la cabine : la première chose à savoir en ce qui concerne l’isolation d’une pièce c’est qu’il suffit d’un trou, même petit, pour que toute l’épaisseur d’une paroi devienne inutile. L’isolation d’une pièce a deux buts. Le premier, évident pour une prise de son, est d’empêcher les bruits extérieur de polluer l’enregistrement. Le deuxième, moins pertinent en voix-off, est de ne pas s’attirer les foudres des voisins.
Il n’est pas évident de casser les bruits extérieurs, surtout si le studio est situé dans une zone à densité de population importante. Dès lors il parait pertinent d’installer sa cabine de prise de son dans une pièce loin d’une fenêtre ou d’un mur donnant sur l’extérieur. Faites en sorte d’étanchéifier votre local, qu’aucun espace, fissure, trou ne laisse passer un son (dessous de porte par exemple).
Il est bon également d’isoler du sol le micro. Pour cela il est bon de le placer sur une suspension élastique, le tout monté sur un pied de qualité. L’idée ici est d’absorber le maximum de vibrations avant qu’elles n’atteignent la membrane. Ces vibrations peuvent être émises par la circulation routière, le métro ou un train, des travaux de voirie… La conduction solidienne est en effet une vrai plaie. Et à moins d’installer une boite dans la boite, bien isolée du sol par des plots anti-vibratile, ce qui est très onéreux, il est difficile de lutter contre.
3- Placement par rapport au micro : il s’agit dernier point que je vais aborder dans cette deuxième et dernière partie. Bien se placer face au micro est important. L’attitude également.
Il est en général recommandé de se placer à environ 15cm du micro. J’ajouterais que ça dépend du résultat que l’on désire obtenir, mais comme point de départ c’est cohérent. A cette distance, le rapport entre son direct (de la voix) et son réfléchi (son de la pièce) est souvent bon. En effet, dans une pièce suffisamment absorbante, le son réfléchi sera faible. Cette valeur est valable dans la plupart des cas. Mais dès lors que le projet suppose de jouer plus sur des variations d’intensité, de couleurs, d’émotions, alors il ne faut pas hésiter à s’éloigner du
micro, de peur d’entrer dans la saturation du préampli.
Si vous désirez transmettre une sensation de chaleur, de proximité, vous pouvez vous rapprocher du micro. Celui-ci capte plus de grave quand la source est proche que lorsqu’elle est lointaine. Cet effet s’appelle “l’effet de proximité”. Il est très perceptible, faites des essais.
N’hésitez pas à vous placer légèrement de biais face au micro, toujours dans le but de limiter les “pops”. Et bougez peu car cela s’entend dans un enregistrement, et cela n’induit pas qu’un changement d’intensité sonore (voir ci-dessus “l’effet de proximité”). Il est important que les mouvements que vous effectuez devant le micro soient voulus et contrôlés.
Si vous gardez en tête les différents points que je viens d’énumérer, vous devriez pouvoir éviter certains défauts d’enregistrement récurrents. La liste n’est bien sur pas exhaustive, encore moins les astuces énumérées, qui ne sont de plus pas des vérités absolues. Mais c’est un bon point de départ avant de pousser la recherche du son parfait encore un peu plus loin.