S’il est relativement aisé de créer un chaîne de son fonctionnelle pour l’enregistrement voix off, c’est-à-dire qui permette de faire entrer un son depuis un micro jusqu’à une piste audio d’un logiciel de MAO, l’optimisation de cette chaîne est moins intuitive, nous dit Baudoin Ferrand, ingénieur son chez PrimeVoices. Voici quelques conseils pour les opérateurs de home-studios.
Un enregistrement de qualité moyenne est facile à obtenir. Grossièrement il se présente de cette manière: un micro est branché sur une carte son, qui s’occupe d’amplifier le signal électrique entrant et de le numériser ; elle-même est reliée à un ordinateur qui va capter ce signal sur une piste son. La gestion de ce matériel ne nécessite que peu de connaissances techniques, et de nombreux tutoriels sont disponibles sur internet pour expliquer la base de la prise du son.
Il me semble intéressant qu’un comédien voix-off en sache un peu plus sur cette étape cruciale de la production audiovisuelle. En effet, des erreurs d’enregistrements sont parfois difficiles à rattraper en post-production, malgré la puissance et la diversité des outils dont nous pouvons disposer ; d’autant que la plupart de ces erreurs sont évitables.
Voici donc une petite liste de problèmes récurrents que je constate lorsque que je reçois des fichiers issus d’un home studio et quelques trucs/idées pour essayer de les éviter.
1- Réglages du préamplificateur : je commence par ce point parce que c’est celui qui me semble le plus important compte tenu du fait que trop régulièrement je reçois des fichiers audio en partie saturés.
Faites attention au niveau de votre enregistrement ! Il est préférable de lutter contre un bruit de fond un peu trop fort qu’un son totalement saturé. Ce deuxième cas est quasiment irrécupérable. Il est de plus très simple à éviter : il suffit de baisser le niveau d’entrée et de sortie du préampli ! Sans entrer dans des détails techniques trop complexes, il est possible de repérer une saturation lorsque le niveau de la piste sonore est trop élevé (auquel cas le peak-mètre le signale par un voyant rouge qui reste éclairé quelques secondes ou en continue). On peut également relevé une saturation en écoutant attentivement son enregistrement, car un son saturé “craque”, ou “grésille”. Ce cas est récurrent sur des enregistrements ou la charge de travail demandé au pré-ampli est trop importante, il sature en interne car le niveau en entré est trop important.
2- Bruit de fond : le deuxième point concerne le bruit de fond. Un enregistrement trop faible pose un problème important en post-production car lors de la remontée en niveau de l’audio, c’est l’ensemble du signal sonore qui monte, aussi bien votre voix que tout le bruit électronique, bruit résiduel, c’est-à-dire le souffle. Celui-ci provient le plus souvent de l’électronique du matériel, que ce soit le micro, la carte son ou l’ordinateur.
Un matériel de qualité professionnelle émet beaucoup moins de bruit qu’un matériel moyen ou bas de gamme. Vous devez prêter une attention particulière à ce point lors d’un achat. Ce bruit peut provenir également de problèmes liés à des défauts d’installation électrique. Il suffit d’une mauvaise isolation de la masse pour que toutes les interférences électromagnétiques passent dans les câbles audio, qu’ils soient symétriques ou non. S’équiper d’un filtre secteur peut permettre d’atténuer ces parasites. Le plus souvent, il faut revoir l’installation électrique complète… Il s’agit là des deux cas d’apparition de bruit que je constate le plus souvent, mais des parasites apparaissent malheureusement de nombreuses autres manières (mauvais câble, condensateur défectueux, lampe en fin de vie, etc.).
3- Pops : troisième problème régulier, celui des pops dans l’enregistrement.
Celui-ci provient du déplacement d’air que vous créez lorsque vous prononcez certaines consonnes ; en général le “p”. Il est facilement évitable. Il est hautement recommandé d’installer un filtre anti-pop devant son micro. Il s’agit de la première barrière au mouvement d’air. Il est peu onéreux et facilement installable. Je vous conseille de l’installer à environ 10cm du micro, avec un léger angle de 5/10 degrés afin que le filtre et la membrane du micro ne soient pas totalement face à face. Et faite des essais, car vous obtiendrez peut-être de meilleurs résultats en appliquant d’autres réglages.
N’hésitez à désaxer légèrement votre micro en lui donnant un léger angle afin que le front d’air sortant de votre bouche ne percute pleinement en face la capsule du micro. L’impact sera de se fait moins important.